L’Art du Chi

Méthode Stévanovitch

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Témoignage d’une jeune enseignante

Un témoignage de Stéphanie, une toute nouvelle enseignante du Sud-Ouest de la France.

J’ai eu la chance de pouvoir suivre lors des deux derniers étés, l’intégralité des cinq semaines de stage au centre international.

Le temps de formation étalé dans la durée est avant tout un confort. Dès les premiers jours, une prise de conscience de l’agitation mentale se manifeste. Il devient plus facile de mesurer combien le quotidien nous a embarqué, décentré. Ces décalages avec des rythmes plus naturels sont d’autant plus palpables si l’on choisit d’être hébergé sur place. Rester sur le lieu de formation rend l’immersion plus complète, permet de se réaligner en douceur et de se mettre progressivement au diapason. Cette phase d’harmonisation, d’intégration, me semble une étape importante car elle conditionne notre ouverture et notre disponibilité à suivre la formation. L’ensemble de ces éléments constitue ainsi un contexte privilégié, qui laisse le temps de se consacrer à la pratique de manière plus exclusive.

J’enseigne la musique depuis plus de vingt ans, ce vécu professionnel a orienté mon regard sur la formation dès le départ : alterner entre le point de vue de l’apprenant et de l’enseignant. Être dans une posture d’élève apporte un enrichissement permanent, une prise de recul sur soi et sur son enseignement, même si le champ disciplinaire concerné est autre. Comment est-ce que je reçois une technique ? Qu’est-ce que je perçois au-delà ? L’enjeu n’est-il pas d’affiner sa recherche personnelle, son écoute intérieure ? Comment trouver le geste juste, la libre circulation du Chi ? Incorporer la technique pour être capable de la transmettre ensuite, est à mon sens, une étape cruciale. Les cinq semaines de stage donnent la possibilité d’avoir une pratique complète de l’ensemble des techniques, voire de l’intégralité des formes. C’est aussi le moment de faire le point sur sa pratique personnelle.

J’ai fait mes premiers pas dans l’enseignement de l’Art du Chi il y a quelques semaines à peine et je mesure combien ces deux stages d’été ont été profitables. Être confrontée à la diversité des enseignants, des personnalités, des groupes, des stagiaires, des changements de rythmes d’une semaine sur l’autre, implique une certaine souplesse. Garder cette ouverture tout en étant attentive aux stratégies didactiques des uns et des autres, observer l’impact sur les stagiaires, recevoir sans rien attendre… Cette multiplicité dans les échanges implique une prise de distance et amène à vivre plus pleinement la manière de construire une progression. Le cours nous a-t-il mené quelque part ? Quelle en est l’essence ? Certes, la progression se bâtit d’une manière différente lors d’un cours hebdomadaire ou lors d’un stage, mais il n’empêche que c’est grâce à cette diversité dans la transposition didactique que l’on étaye son propre enseignement. Intégrer un certain nombre d’outils facilite ainsi la transmission, notamment dans les réajustements que l’on doit sans cesse opérer pour guider le ressenti des élèves.

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